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Le produit intérieur brut (PIB) réel  du continent africain a augmenté de 4,9% par an en moyenne de 2000 à 2008, soit deux fois plus rapidement que dans les années 1990. Suite à la crise économique et financière internationale, la croissance africaine a décélérée à 2% en 2009 mais elle est aujourd’hui de retour à 5%.

Les pessimistes qui soutenaient que l’Afrique ne pourrait jamais imiter l’Asie sont maintenant pris en défaut : après les tigres asiatiques, verrons-nous l’émergence des lions africains ?

Quel a été l’impact de cette croissance sur la vie des Africains ? Selon la Banque mondiale, « pour la première fois depuis 1981, moins de la moitié (47%) de la population d’Afrique sub-saharienne vit aujourd’hui avec moins de 1,25 dollar par jour. Ce taux était de 51% en 1981 ».

Cette réduction de la pauvreté est particulièrement encourageante étant donné que la population de l’Afrique subsaharienne a plus que doublé entre 1981 et 2008, passant de 398 à 813 millions.

Comment expliquer le renouveau africain ?

Selon un rapport publié par McKinsey en 2010 et intitulé « What’s driving Africa’s growth? », l’exploitation des ressources naturelles  ne représente qu’un tiers de cette nouvelle croissance. L’essentiel résulte de modifications structurelles qui ont stimulé l’économie domestique.

Parmi elles on trouve :

·         des monnaies plus saines avec la baisse du taux d’inflation moyen de 22% dans les années 1990 à 8% dans les années 2000 ;

·         la réduction de la dette extérieure d’un tiers ;

·         la réduction des déficits budgétaires de 60% ;

·         l’amélioration de l’environnement des affaires ;  

·         la privatisation de certaines entreprises d’État ;

·         la réduction des impôts sur les sociétés ;

·         la réduction du protectionnisme ;

·         l’amélioration de l’environnement juridique.

Il n’y pas eu de tour de magie : l’Afrique est juste devenue économiquement plus libérale.

Cette évolution positive est confirmée par l’Institut Fraser. Mesurant la liberté économique dans 141 pays sur une échelle allant de zéro à dix, il a constaté que la liberté économique en Afrique a augmenté d’une moyenne de 4,94 au début des années 1990 à 5,91 en 2008.

Vers de nouvelles réformes ?

Ces résultats sont encourageants mais il reste encore du chemin à parcourir afin d’être aussi libre que Hong Kong et Singapour (9 et 8,7 sur dix, respectivement).

L’Afrique reste le continent le moins économiquement libre dans le monde. Pour se réformer, les élites africaines auront à surmonter des préjugés profondément enracinés contre le capitalisme.

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Beaucoup d’intellectuels africains – dont certains formés dans le bloc soviétique – assimilent l’impérialisme avec le capitalisme, même si de nombreuses anciennes colonies sont riches (Hong Kong, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l’Australie) et si de nombreux pays riches n’ont jamais eu de colonies (la Suisse, Singapour, Hong Kong). Mais l’idéologie n’est pas tout : beaucoup d’Africains riches et politiquement connectés profitent des rentes de monopole qui seraient menacées par une concurrence accrue, résultat d’une politique libérale.

Le libre commerce est un jeu à somme positive

Les réformateurs africains devraient avoir pour ambition de porter l’Afrique sur la scène mondiale comme un partenaire égal aux autres. Un accord de libre-échange transméditerranéen représente le levier idéal pour atteindre cet objectif.

Le commerce est un jeu à somme positive. Les deux parties engagées dans un échange commercial sont gagnantes. Elles reçoivent plus qu’elles ne donnent, sinon l’échange ne se ferait pas. C’est pour cela que l’on dit merci au commerçant qui nous sert et que celui-ci nous dit merci à son tour lorsqu’on le paie.  

Mieux : l’enrichissement d’autrui est une bonne chose puisque cela représente des consommateurs supplémentaires pour nos biens et nos services. C’est pour cela que l’Europe doit se réjouir de l’enrichissement des sociétés africaines et qu’elle doit conclure des accords commerciaux durables avec elles : la valeur des échanges augmentera, enrichissant les deux continents.

Le lion et le taureau

L’Afrique n’attend que cela depuis cinquante ans. Bien qu’elle soit le foyer de près d’un milliard d’habitants, soit 14% de la population mondiale, la part du continent dans le commerce international est de 2%. Plus de 60% des Africains ont moins de 24 ans. Imaginez le boom de la demande privée locale dans les décennies à venir.

L’Europe, elle, en a bien besoin. Frappés non par une crise du capitalisme libéral mais bien par une crise de la social-démocratie, les États européens ont dépensé plus d’argent que ce qu’ils prélevaient en impôts, ont contractés d’énormes dettes pour financer les systèmes de santé et de retraite, et ont étouffé la création de richesse et l’emploi par la surtaxation et la surrèglementation.  Ce n’était qu’une question de temps avant que les investisseurs ne perdent confiance en leur capacité à honorer leurs engagements financiers, d’où la crise actuelle des dettes publiques des États mal gérés.

Les deux continents sont à même de saisir cette immense opportunité, vendant leurs services aux consommateurs d’outre-mer et ayant ainsi les moyens d’acheter tout ce que l’autre continent peut leur offrir en retour. Avec un accord de libre-échange, l’Afrique pourrait définitivement tourner le dos à la pauvreté, s’affranchir du paradigme Nord/Sud, devenir le moteur du XXIème siècle et en récolter le prestige culturel. L’Europe, en se réformant à la marge malgré le manque de lucidité de ses dirigeants, serait capable de doubler son revenu par habitant comme elle l’a déjà fait trois fois depuis 1830.

Le capitalisme libéral n’est pas parfait, mais il est de loin le meilleur système quand il s’agit de d’éradiquer la pauvreté et de favoriser le développement humain. L’Afrique est en train de triompher en suivant les règles du marché que le reste du monde a oubliées.

Un conseil : apprenez le wolof.

Publié le 20 juin 2012 sur 24hgold.com

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